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 got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose

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Ambrose Orlinski
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Ambrose Orlinski
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Schizophrénie : félix le solitaire au cœur brisé & bambi l'enfant réveuse

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MessageSujet: got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose   Lun 7 Jan - 22:24


got 3 broken strings,
in a night of loneliness
★ amy & ambrose
(piano man, billy joel - 1973)

Je devais être assis devant mon piano depuis au moins une bonne heure maintenant. L’index ankylosé sur la même note que je tapais en boucle sur le rythme du métronome trônant sur un meuble de mon salon qui ressemblait plus à un entrepôt d’instruments qu’à un véritable lieu de vie. J’espérais que le miracle se créer, qu’une note toute simple en amènerait une autre jusqu’à assembler tout ça en une seule mélodie mais mon inspiration n’arrivait toujours pas revenir. Qu’est-ce qui me prenais de croire que j’arriverais à écrire un morceau pour quelqu’un d’autre si j’en étais incapable pour moi-même ?

Tout avait commencé par ce message :

1 NOUVEAU MESSAGE
DE (Alex Turner / AM) A 21:00

hey mister amber rose, j'espère que tu vas bien et que tu as passé de bonnes fêtes ! ça fait longtemps qu'on ne t'a pas vu traîné au studio, toujours pas remis du succès de notre dernière collab' ? depuis 2016 il faudrait...  Laughing du coup ça rejoint la raison de mon message, on aimerait beaucoup un titre du même genre 'Tranquility Base Hotel & Casino' un vibe assez 70's et psyché mais tu vois de quoi je parle... tu pense qu'on pourrait se voir un de ces jours pour élaborer une maquette ? je compte passer quelques jours à new-york très prochainement donc tiens moi au courant...  bounce
a + mec, j'espère très vite !


J’avais du mal à refuser une telle offre même si je n’avais pas encore répondu au message. La co-écriture du dernier album des Artic Monkeys avait été pour moi à cette époque un réel tremplin. Des millions d’albums vendus dès sa sortie sans compter ceux encore qui s’écoulaient et les stream sur différentes plateformes de téléchargement. Si je doutais encore de cette collaboration, le disque de platine accroché au côté de mes autres récompenses réussissait à me prouver le contraire même si pour l’instant, j’étais bloqué au même stade : le néant. La crise de la page blanche.
Mon boulot, c’est tout ce qui me restait, qu’est-ce qu’il arriverait si je ne parvenais jamais à me remettre sur les rails ? « Alors, de quoi elle va parler cette nouvelle chanson ? » « Faudrait-il qu’il y en ait une. » Je n’avais pas levé les yeux mais j’avais senti la présence de Nola, là, dans un coin de la pièce, probablement appuyée contre le corps du piano. Ma concentration perdue quelque part se raccrochait toujours à cette même touche que je martelais sans m’arrêter. « Tu vas y arrivé Amb’, j’en suis sûr… » J’étouffais sa voix en appuyant plus vite, plus fort. « Je crois en toi, je croirais toujours en toi. » « Non… » Et comme ça, je m’étais arrêté. Mon regard qui avait fuis le sien, le rencontrait finalement dans un air grave en me pinçant l’arête du nez tandis que son spectre lui semblait me renvoyer un air plus interrogateur. « Tu n’existes pas, tu es dans ma tête. » « Amb… » « FOU-MOI LA PAIX NOLA ! » Et mon poing dans un geste rempli de rage s’était écrasé contre le clavier qui avait émis un bruit à faire trembler les murs avant que le silence ne s’installe de nouveau. Nola, elle, avait disparue et je me retrouvais seul dans cette immense pièce, constatant après coup que trois cordes de mon piano s’étaient détachées dans cet élan de colère.
« Merde… » Expulsant un long soupir, je m’étais penché sur le corps du piano pour constater les dégâts, les mains posées au bord de l’instrument. « Nola, je suis désolé, je n’aurais pas dû crier… » Ajoutais-je, tête basse. Je venais de balayer d’une seule phrase le seul souvenir qui me restait d’elle. Je n’avais su durant toutes ces années comment interpréter cette présence que je ressentais. Ma mère m’avait parlée de l’animisme polonais, de la légende des âmes inachevées qui restent sur terre le temps qu’elles aient achevées leur but. Jusqu’à tard dans ma vie, avant cet accident, j’avais été un athée confirmé. Ma foi, mes croyances, je n’avais jamais cherché à les remettre en question  jusqu’à ce que ce foutu tsunami chamboule ma vie entière.
« Je ne t’avais jamais entendu crier comme ça. » Sa voix résonnait de l’autre côté de la pièce, derrière moi et je m’étais tourné pour la regarder. On aurait dit qu’elle avait pleurée pendant ce court instant de disparition et fantôme ou pas ça m’avait éclaté le cœur. « C’est toute cette pression, tu sais que je ne te ferais jamais de mal. » « Difficile de faire plus fort que d’être morte. » Elle avait osée rire, comme si tout ça n’était qu’une immense plaisanterie alors qu’en face, je restais stoïque et son rire que j’appréciais tant à l’époque lors de situations plus joyeuses se fanait lui aussi pour reprendre une part de sérieux. « Tu devrais appeler quelqu’un pour réparer le piano, ça me manquerait trop de ne plus t’entendre marteler le ‘Ré’ pendant des heures… » Cette fois c’est moi qui avait ris et elle qui n’avait pas bougé d’un cil. Prenant mon manque cruel de création en autodérision.
J’avais donc saisi mon téléphone à la recherche d’un réparateur, n’espérant pas grand-chose à une telle heure, tombant d’ailleurs sur beaucoup de répondeurs avant qu’une voix féminine réponde à l’autre bout du fil. « Bonsoir. Excusez-moi de vous appeler aussi tard mais j’ai disons eu… un petit accident avec mon piano. Si vous ne pouvez pas vous déplacer ce soir, j’attendrais demain mais je peux doubler vos honoraires au besoin car il s’agit vraiment d’un cas d’extrême urgence... » J’avais déjà laissé en poussière ma batterie à cause d’un autre accident, une caisse percée alors si je m’enfermais dans ce même cercle sans fin, je perdrais tout.




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Amy Bellwether
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MessageSujet: Re: got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose   Lun 7 Jan - 23:51

J’étais restée tard à l’atelier, même si très honnêtement, j’ignorais l’heure qu’il était. Ça m’arrivait souvent puisque de toute façon, à part Olaf, personne ne m’attendait chez moi. Et puis vu l’heure, ce matou était surement en train de chasser en attendant de rentrer quand il verrait la lumière allumée. J’avais du boulot en retard à cause de mes vacances en Californie pour voir mes parents. Je détestais faire attendre les clients, connaissant parfaitement la frustration de ne pas pouvoir jouer quand on le voulait, et quand on en avait besoin. J’étais en train d’accorder à l’oreille un violon tout juste retapé, grimaçant jusqu’à afficher un sourire satisfait à chaque fois que la note atteignait la justesse parfaite. Dernière corde, dernier frottement d’archet et je fronçais les sourcils quand la sonnerie du téléphone, franchement dissonante, se faisait entendre.  

J’avais décroché sans me poser trop de questions. « Allo ? ... Bonsoir. » Ce n’est qu’au moment où l’homme s’excusait d’appeler tard que je levais les yeux vers la pendule. 22h. Je laissais un silence passer, non sans laisser entendre une inspiration qui trahissait ma réflexion. « Je peux avoir votre adresse ? » ça risquait d’être compliqué s’il était à l’autre bout de la ville. Mais en l’entendant parler de Central Park West, toute hésitation s’envolait. « Le temps de fermer l’atelier et je peux venir. » Mais il ne paierait que les honoraires habituels, j’avais pas envie de gonfler mes prix. Je lui demandais juste quelques précisions sur ce qui était cassé afin de prendre le matériel qu’il me fallait et une fois le téléphone reposé, je m’occupais de ranger le violon que je terminais rapidement d’accorder.

Mes affaires dans le coffre, j’avais démarré pour arriver en bas de l’immeuble une bonne demi-heure après son coup de fil. J’avais sonné à l’interphone avant de rejoindre l’ascenseur et le bon étage. Central Park c’était pas à la portée de tout le monde et pendant que je prenais de l’altitude, je me demandais ce qui poussait un type à appeler à 22h pour faire réparer son piano. Un passionné, c’était certain, mais je n’avais pas vraiment ce genre de demande souvent. Pour ainsi dire jamais.

Je cherchais le nom sur la sonnette et faisait raisonner cette dernière avant de patienter sagement qu’on vienne m’ouvrir. En voyant apparaître le pianiste en danger, j’affichais un sourire. « Bonsoir, Amy Bellwether, On m’a dit qu’un piano était en situation critique. » Et j’esquissais un petit sourire amusé, preuve que l’heure tardive ne me dérangeait pas et façon comme une autre de détendre l’atmosphère si jamais il était vraiment très très très contrarié à cause de son piano abîmé.
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Ambrose Orlinski
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MessageSujet: Re: got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose   Mar 8 Jan - 2:05


got 3 broken strings,
in a night of loneliness
★ amy & ambrose
(piano man, billy joel - 1973)

J’avais difficilement contenu un soupir de soulagement en entendant enfin quelqu’un me répondre. Même si l’appréhension d’accueillir un refus restait nette, il y avait encore cette petite part d’espoir qui résidait quand mon interlocutrice me demandait mon adresse. « Euh oui, oui bien-sûr… J’habite au 1964 à Central Park West, à l’appartement au dernier étage. » Pas sûr que la dernière indication soit utile en cas de refus mais semblerait-il que la chance pour une fois soit enfin de mon côté quand après un court instant d’hésitation, elle acceptait de venir. « Vous me sauvez la vie, vous n’avez pas idée ! »  J’avais ensuite précisé, sans en expliqué précisément les raisons, ce qui avait été endommagé sur mon piano pour éclairer au mieux le diagnostic et les outils nécessaires à sa réparation. Pensant jusqu’à l’ors que j’avais au bout du fil la femme du propriétaire ou une secrétaire aux heures qui ne se comptaient pas.

Après une pléiade supplémentaire de remerciements, notre conversation avait pris fin dans l’attente de sa visite et une fois le téléphone posé, mon regard avait balayé la pièce pendant un instant. Puis, traînant les pieds en silence, je commençais à enlever des murs les cadres de mes récompenses. « Tu ne penses pas qu’il est un peu tôt pour commencer un nettoyage de printemps ? » Transitant un cadre puis un autre pour les posés temporairement dans ma chambre, Nola assistait à ces aller-retours adossée à l’encadrement de la porte. « Ce serait quand même bête de me faire démasquer après tant d’années d’anonymat, non ? » « Moi qui pensait que tu avais enfin réalisé que tous ces cadres faisaient prétentieux. » Je m’étais arrêté net, lui adressant un regard rempli de sens, sourcils froncés. « Roh ça vaaaa… Tu sais que je plaisante et que j’ai été toujours été très fière de toi. » J’allais reprendre mon rangement et Nola ajoutait ; « Même si cet appartement commence sérieusement à ressembler à une man cave plus qu’autre chose, ça manque vraiment d’une touche féminine. » « J’le trouve très bien moi cet appart. » Bref haussement d’épaules de celui qui ne voulait pas voir qu’elle avait raison. J’avais laissé tomber la décoration, qui n’était pas une chose que je maîtrisais contrairement à Nola. Mon appartement depuis son décès ressemblait à une piaule d’adolescent où trônait à la place de photos, des guitares de collection passant de la réplique de la Gibson qu’avait brûlé Jimmy Hendrix à la guitare achetée aux enchères du célèbre Prince, de posters de mes idoles, de cartons de pizza à la place de vases garnis de fleurs sur le meuble de la cuisine. C’est comme ça que je me sentais chez moi. Même si ça signifiait régresser dix ans en arrière.

Ma contemplation avait été brisée par la sonnerie de l’interphone et je courrais presque pour répondre, manquant de trébucher sur un cadre que j’avais appuyé contre le mur. « Je vous ouvre ! » Je m’étais ensuite précipité dans le salon pour ranger les derniers cadres, enfiler par la même occasion un t-shirt propre pour ne pas compléter la parfaite incarnation du parfait ermite.
« Tu sais, c’est qu’un simple réparateur qui va arriver. » J’avais à peine le temps de coincer ma tête dans l’encolure de mon t-shirt qu’on sonnait déjà à la porte. Pas le temps non plus de répondre à Nola, je déverrouillais les différentes serrures avant de dérober l’entrée sur une jeune femme, seule, ne tardant pas à se présenter. « Bonsoir ! C’est ici qu’il y a un piano à l’agoni oui ! » Je lui avais adressé à mon tour un léger sourire. « Je retire ce que j'ai dis plus tôt. Elle est beaucoup trop jolie pour être réparatrice de piano. » Au commentaire de Nola, je m’étais raclé la gorge en passant une main dans mes cheveux en pagailles. « Je ne pensais pas que j’aurais affaire à vous quand on s’est eues au téléphone tout à l’heure… » Me rendant immédiatement compte du sous-entendus que ça avait généré, je m’étais immédiatement empressé d’ajouté. « Pas que je doute de vos compétences, navré que ça ait eu l’air de ça ! » Marquant une courte de pause, je me grattais la tête, un peu empêtré dans ma maladresse. « C’est assez rare qu’il y ait des femmes dans ce secteur… Pas que ce soit une mauvaise chose ! » Nouvelle bourde, que Nola prenait à cœur joie de souligner. « T’en loupe vraiment pas une, niveau relations humaines avec les femmes, ça ne va plus du tout. » Je levais les yeux au ciel, me poussant finalement pour laisser la jeune femme entrée. « Je me tais et vous laisse aller voir le piano pour éviter de me tourner plus longtemps en ridicule, qu’est-ce que vous en dites ? » Déjà assez enterré dans mes conneries, j’avais passé ma main sur mon visage, désespéré avant de refermer la porte derrière ma sauveuse en lui montrant le chemin vers la pièce s’apparentant être le salon. « Voilà la scène du crime… » Ouvrant la paume pour désigner le Steinway & Sons malmené quelque minutes plus tôt, qui prenait une grande partie de l'espace.




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Amy Bellwether
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MessageSujet: Re: got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose   Mar 8 Jan - 4:06

J’avais attendu un petit peu, ayant entendu une voix à travers la porte. Je me demandais ce qui se passait dans cet appartement. Je m’imaginais déjà un musicien passionné qui réalisait le bazar laissé par des jours de créations et qu’on cherche à camoufler parce qu’on a de la visite au dernier moment. Et c’est donc avec un grand sourire, comme si l’heure de mon intervention n’avait rien d’inhabituelle, que je me présentais, prête à sauver la vie d’un piano dont les cordes avaient lâché.
« Ah non ? » j’avais interrogé, l’amusement dans la voix et l’air faussement prêt à se vexer sur le visage. Ce n’était pas le premier à se faire avoir même si avec les années, les clients devenus fidèles avaient appris à remplacer le prénom de mon père par le mien quand ils parlaient de l’atelier Bellwether. J’étais tombée non pas sur un macho, mais sur un type profondément maladroit. Et je l’observais, un sourcil légèrement relevé quand il tentait de se rattraper. « ça ait l’air de quoi ? » Et cette fois je lui avais décoché un large sourire taquin. Si je devais me vexer à chaque fois qu’on était surpris de voir une femme débarquer, je n’en finirai pas. Je l’observais sans rien dire, le sourire amusé s’étirant petit à petit sur mon visage. « J’en dit que j’ai encore un prénom à me faire… » Et j’entrais dans l’appartement. « Mais ne vous inquiétez pas, je ne suis pas du genre à me vexer. Quand j’ai repris l’atelier de mon père, la plupart des gens étaient surpris. » Je haussais les épaules. « C’est plutôt drôle en fait. » Surtout quand les gens finissaient par s’embrouiller comme l’avait fait ce mystérieux M. Orlinski.

Il m’indiquait le salon, et je découvrais l’incroyable piano. Il prenait presque la moitié de la pièce à lui tout seul mais un piano comme celui-là, on pouvait accepter de dormir rouler en boule dans un coin de la pièce juste pour lui laisser toute la place. Je m’étais rapprochée, penchée au-dessus pour constater les dégâts, 3 cordes cassées « Vous n’y êtes pas allé de main morte. » Au choix : grands arrangement tonitruants ou frustration de la partition blanche comme j’aimais l’appeler. « Je ne devrais pas en avoir pour trop longtemps… » J’étais plutôt optimiste et ça l’arrangerait surement vu l’heure.
Je retirais mon manteau après avoir posé mes outils près d’un des pieds du piano. Je retournais me pencher sur les cordes et me redressais pour faire face à Ambrose. « Si je pose des cordes neuves, elles n’auront pas le même son que les autres, ça ne va pas s’harmoniser mais on s’en sortira pour moins de 100 $. Je peux conserver les cordes d’origine, le son restera uniforme mais il faut que j’installe de nouvelles amorces… Faudra compter 500 $. Je peux mettre des cordes de remplacement en attendant d’en commander des sur mesure mais entre nous, même celles-ci n’auront pas le même son que les cordes d’origines. Et vous allez devoir faire accorder votre piano plus souvent les premiers temps. » Je l’observais avec un petit sourire. « C’est à vous de voir. » Je n’émettais pas de jugement. Je pouvais comprendre qu’on opte pour le plus petit tarif qui était déjà énorme. Je m’adaptais aux gens, mais j’avais quand même une bonne idée de ce que choisirai l’homme en face de moi. Suffisait de voir les instruments qui habitaient son salon, un fin collectionneur et un grand connaisseur.

Comme je l’avais deviné, il optait pour la réparation la plus couteuse mais la plus adaptée pour conserver un son parfait. Et donc sans attendre, je me mettais au travail. « Est-ce que ça vous ennuie si on met un fond de musique ? Je déteste le silence. » ça me stressait. Même pour m’endormir j’avais besoin d’un fond sonore, la télé faisant en général l’affaire.
Je me reconcentrais sur les cordes brisées, et m’attelait à faire des nœuds sur chacune d’elle pour pouvoir les garder. Ça demandait de la technique, et pendant que je faisais plier le métal, je me mordais la lèvre inférieure, un tic que j’avais depuis toujours quand j’étais très concentrée. Le premier nœud formé, je relevais la tête, réalisant que le musicien m’observait. Un petit sourire avant de baisser les yeux sur mon ouvrage. « Vous vous assurez que même en étant une femme, je vais savoir tout arranger ? » Et en relevant les yeux, j’éclatais de rire. « Ne faites pas cette tête, je vous taquinais ! » Et pour preuve de ma bonne foi, je tendais le bout de corde dans sa direction. « On ne peut pas toujours garder les anciennes cordes mais dans votre cas, elles ont cassé au bon endroit… Du coup il « suffit » de faire un nœud. » Technique qui demandait en réalité un certain savoir-faire. Merci papa.
Et puisque j’étais tombée sur de toute évidence, quelqu’un de curieux, je prenais le temps de faire le nœud sur la seconde corde en le laissant regarder de plus près. Au tout début, je n’aimais pas sentir le regard des gens pendant que je travaillais, mais maintenant, je m’en fichais.
Je relevais les yeux vers lui et réalisais qu’on s’était drôlement rapproché du coup. « Vous êtes musicien professionnel ? » Autant discuter puisqu’il semblait rester dans les parages pour observer. La troisième corde entre les mains, je continuais mes réparations tout en écoutant sa réponse. Le regard rivé sur le nœud, j’émettais un commentaire sans même relever la tête vers la guitare que j’évoquais. « Vous jouez avec parfois ? » Je fixais toujours le métal, marquant une pause le temps d’un geste délicat. « La guitare de Prince, vous en jouez ? » Difficile de ne pas la remarquer même sans vouloir être indiscrète. Et puis passionnée j’avais eu du mal à ne pas observer discrètement tous les modèles qu’il avait. Y’en avait pour une sacré somme d’argent même si à mes yeux, la valeur artistique de ces instruments était encore plus grande. Je relevais les yeux vers lui. « Moi aussi j’observe. » Et j’étirais un sourire malicieux.
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Ambrose Orlinski
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MessageSujet: Re: got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose   Dim 13 Jan - 2:48


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★ amy & ambrose
(piano man, billy joel - 1973)

J’avais difficilement pu contenir le malaise dans lequel je m’étais empêtré sans même le vouloir. Une main dérobée sur mon visage dans un long soupire aurait pu être le geste parfait pour se joindre à mon embarras, avec la conviction très arrêtée que j’étais sans aucun doute un suicide social à moi tout seul. Il suffisait seulement que la jeune femme en face de moi, Amy, décide à me répondre pour que j’aie envie de me donner le coup de glas. « Ce n’est pas ce que je voulais dire, je suis confus si ça a paru déplacé… » Mais au lieu de me répondre sur le ton de la remontrance, elle m’avait décochée un sourire. M’attendant d’avantage à autre chose qu’à cela, j’en avais perdu ma contenance, haussant à peine les sourcils. « Bon, il vaut mieux qu’elle se moque de toi et qu’elle le prenne bien plutôt qu’elle ne te mette une baffe alors que c’est clairement la seule réparatrice de la ville encore ouverte ! » J’avais eu envie de lever les yeux au ciel, mais de peur que ce soit reçu par la mauvaise personne, je ne sillai pas. « Pourtant, vous n’en avez pas besoin… Votre prénom c’est Amy ! » Voilà que je mettais à l’humour, n’ayant d’ailleurs pas vu venir cette réplique qui était sortie littéralement comme je l’avais pensé et m’avait extirpé un petit rire gêné. « Je suis désolé, c’était très nul. » « Mon dieu Am’ t’as pas sorti de blagues comme ça depuis des années, ne recommence jamais. » « En tout cas je suis persuadé que ça n’est qu’une question de temps avant que ce genre de lapsus soit totalement effacé mais pour remettre les compteurs à zéro. Ambrose Orlinski, si vous arrivez à faire une vanne alors on sera quittes. » Dans un ultime sourire enfin, je m’étais reculé pour lui laisser passage libre dans le couloir de mon appartement. « Je suis rassuré que vous preniez si bien les choses, je m’en serais voulu d’avoir dit quelque chose de travers. J’espère ne pas faire partie du top 3 du pire accueil avec ça, vous devez rencontrer de sacrés personnages ! » « A ta place Orlinski, je ne parlerais pas trop vite… » Profitant d’un instant où la petite réparatrice ne me regardait pas, j’avais lancé un regard en coin à Nola. Susurrant du bout de mes lèvres « Tais toi. » Avec la conviction ultime que cet avertissement serait compris et exécuté.

Laissant constater l’experte, penchée au-dessus de mon piano, l’étendue des dégâts, je venais gratter le sommet de ma tête dans un ultime geste un peu embêté lorsqu’elle admettait qu’il avait fallu y arriver fort pour obtenir un tel résultat. « Je suis très passionné quand je joue, en effet… » Je l’étais également pour ma vie toute entière. Enrobant mon mensonge dans un peu de vérité. Ce grand geste de la main contre les touches, je l’avais fait par passion. Celle que j’éprouvais à entretenir le souvenir de Nola. Celle qui persistait parce-que j’étais enragé contre le monde de l’avoir perdue. « Confirmation juste que j’ai bien fait de tombé sur vous alors ! » Affirmais-je dans un hochement de tête. « Avoue-le, t’aurais été nettement moins enjoué si ça aurait été UN réparateur. » Difficile de nier que la jeune femme avait un joli visage, un sens de la répartie et beaucoup de talent mais le consentir aurait été trahir Nola, ce dont je me sentais pour l’instant incapable.
« J’aimerais vraiment conserver la sonorité initiale de ce piano, c’est justement à cause de cette particularité que j’en ai fait l’acquisition. » Ce détail ainsi que le fait qu’il s’agissait de l’instrument sur lequel j’avais appris à jouer au conservatoire, l’ayant sauvé d’une mort prématuré pour rendre le matériel musical plus récent. « Les amorces, ce sera très bien ! Je vous fais confiance pour faire ce qu’il y a de mieux et évité les différences de tonalité, que ce bon vieux piano récupère sa sublime, m’engageant à ne plus le maltraiter ensuite. » « Moi, j’aurais bien aimé qu’elle vienne plus souvent, ça t’aurais coûté moins cher en plus… » J’avais souris. Autant pour ma phrase constatant une promesse que j’allais dorénavant tenir, comme pour la réflexion de Nola. M’expliquant avec elle sur ce point sans doute plus tard.

Sur la conclusion de cet accord alors, Amy s’était mise au travail quoique arrêtée par un détail qui semblait perturber sa concentration. « Aucun problème ! J’avoue avoir aussi du mal à vivre sans écouter quelque chose. » Si ce n’était pas en jouant, on me trouvait toujours avec un casque ou des écouteurs dans les oreilles. Mon appartement équipé aussi très justement en fourniture stéréo de grande qualité. « Une préférence ? » Tourné à demi vers la jeune femme avant qu’elle ne me réponde, j’avais fouillé dans de vieilles maquettes devenues à ce jour de grands morceaux diffusés partout dans le monde, Hozier, Kaleo, The Chainsmokers, The Weeknd la liste encore longue…
Musique en marche, j’avais tourné la tête en constatant Nola qui évoluait dans la pièce juste au-dessus de l’épaule d’Amy. « Elle est vraiment minutieuse ta petite réparatrice, moi je ne sais pas ce qu’elle fait, je suis juste jalouse de ses cheveux… Ils brillent tellement et sentent bon en plus ! » J’observais, silencieux, la scène avoir lieu. La main de Nola qui se soulevait sur la tête d’Amy avec un petit sourire malicieux, avant de se poser sur sa chevelure. Comme si elle avait été là, pas comme dans les films où le fantôme passe à travers un être humain. J’étais suspendu entre la confusion de ce que j’étais le seul à voir et perdu à penser que mon cerveau pouvait être aussi imaginatif quand le regard d’Amy croisait le mien, remarquant que mon regard était insistant. N’ayant l’attention que confondu sur sa silhouette et celle de Nola qui avait suivi la sienne en se redressant un peu. Mes sourcils s’haussant comme si j’avais eue peur que les deux s’entrechoquent alors que ma mine avait semblée eue l’air d’autre chose. « Je suis intrigué surtout… » La crise avait été évitée de peu, cachant ça derrière un léger sourire avant que mes iris ne suivent ce qu’elle voulait me montrer alors. « J’imagine que c’est une bonne chose, n’est-ce pas ? » Ce qui semblait effectivement être le cas en vue des explications qu’elle me fournissait. Me permettant maintenant que j’avais soulevé le sujet, d’attiré ma curiosité et d’approcher du piano pour voir tout ce que ces termes techniques voulaient bien signifiés.
Son travail semblait être une énorme précision, nécessitant beaucoup de savoir-faire ou de précaution, chose dont j’étais incapable. Les sévices sur le piano suffisant à le justifier.
« Je pense que maintenant, c’est difficile de nier le contraire avec tous les instruments dans la pièce… Je suis auteur-compositeur, principalement depuis quelques années. » Commençais-je, nos regards se croisant, la distance proche de nos visages à cet instant me demandant de dissiper finalement mes yeux dans la pièce. « Mais malheureusement, mes compositions restent ces temps-ci plutôt de l’ordre personnel. » Un temps qui durait d’avantage depuis plusieurs années que quelques semaines. Noyé le poisson me permettait de ne pas me rendre à l’évidence que je m’enfonçais dans la situation.
« Mh ? » Je semblais avoir perdu le fil conducteur de notre discussion à sa nouvelle question, soulevant un sourcil interrogateur avant d’avoir immédiatement la précision. « Oh oui, bien-sûr ! Je ne suis pas du genre à acheter des objets de collection pour les laissés prendre la poussière ! Puis très honnêtement, ça fait quelque chose de jouer Purple Rain avec LA guitare de Prince. » « Tu lui dis pas que tu chantes aussi et fais le show pour le même prix. » C’était mon petit plaisir à moi. A chaque fois que je faisais l’acquisition de l’instrument d’une personnalité, je jouais les titres de celle-ci avec son instrument. Autant dire qu’entre ma collection et les cadeaux de collaborateur, je ne manquais pas de ressources. « Je vois que j’ai affaire à une connaisseuse en tout cas… » Concluant cette phrase par un léger sourire à mon tour. « Vous jouez vous aussi ? Je veux dire, vous avez l’air d’être passionné par votre métier alors ça ne m’étonnerait pas de vous savoir jouer quelque chose ! » On voyait tous de suite, les gens vraiment intéressés par ce qu’ils s’entreprenaient. Amy avait le même regard que je reconnaissais chez beaucoup de talents. « Vous pourriez l’essayer d’ailleurs, ça me gêne pas ! » Je n’avais pas peur de confier ma collection à quelqu’un, conscient que le matériel n’était dans la vie pas le plus important, remettant aussi ma confiance envers les artistes qui connaissaient la valeur et le soin qu’il fallait donner à ce genre de reliques.




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Amy Bellwether
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MessageSujet: Re: got 3 broken strings, in a night of loneliness ★ amy & ambrose   Dim 13 Jan - 3:38

Il s’en voulait, moi j’en riais.  Ça avait son charme toutes ces maladresses et puis je n’étais pas du genre à me vexer facilement. Enfin, ça dépendait des jours mais ce soir j’étais de bonne humeur et la réaction de surprise de M. Orlinski ne viendrait pas tout gâcher. Il n’y avait pas mort d’homme. Et comme pour confirmer mon impression – celle qu’Ambrose n’était pas un macho goujat – il faisait de l’humour sur mon prénom. Un moment d’arrêt, je lui lançais un regard du coin de l’œil, le sourire au bord des lèvres. Il s’excusais aussitôt et j’avais éclaté de rire. « Rien que pour cette vanne, je ne regrette pas d’être venue en urgence. » Et j’avais étiré un grand sourire.
« Ambrose, Orlinski… » Je mordillais ma lèvre inférieure, déjà en pleine réflexion. « Honnêtement, à part le fait que vous devez être un type en or sur des ski, couvert d’ambre rose…. Je trouve rien. » Et je penchais la tête sur le côté avec un haussement d’épaule « Mais c’est aussi nul que votre blague, alors on est quitte ? » Je n’avais même pas encore franchi le pas de sa porte qu’on avait déjà fait un battle de vanne les plus nulles du monde.

J’entrais enfin et le suivais alors qu’il semblait une fois de plus s’en vouloir et presque s’auti-flageller à cause de sa réaction à mon arrivée. « Oh je pense que là vous êtes en tête tout court. » Et je lui lançais un regard taquin. « Je plaisante. Vous êtes habillé au moins.  Ça vous épargne. » Véridique, une fois un type m’avait ouvert avec juste une serviette autour de la taille. Quand j’avais compris qu’il ne comptait pas se rhabiller et qu’il voulait jouer avec moi comme avec son piano, j’avais ramassé mes affaires et m’étais tirée vite fait. Un vrai psychopathe et une vraie visite traumatisante. « Longue histoire. Enfin non, courte. Mais pas envie de rentrer dans les détails. » Oui, non, il valait mieux parler d’autre chose.

Le temps de se mettre d’accord sur le type de réparation et je me mettais au travail sans plus tarder. J’avais quand même osé lui demander un fond de musique et l’avait laissé choisir à sa convenance. J’imposais presque un fond sonore, autant qu’il choisisse quelque chose qui lui plaisait. Mais en entendant Hozier, j’esquissais un sourire.
Concentrée, j’avais fini par sentir le regard du musicien sur moi. J’étais bien loin de me douter qu’en réalité, il voyait le fantôme de son grand amour, virevolter autour de moi. Puisqu’il s’était dit intrigué, je prenais le temps de lui expliquer ce que je faisais pour qu’il puisse rejouer de son piano avec le même son qu’autrefois.
Un autre nœud et en relevant les yeux, une certaine proximité. Un poil troublante mais je ne m’y attardais pas, préférant l’interroger sur son métier. « Ces temps-ci ? » Et je relevais les yeux vers lui, l’air malicieux de celle qui cherche la petite bête. « Donc à une autre époque, vos compositions ont été moins personnelles ? Plus connues ? » En réalité, il n’était pas obligé de répondre mais ça m’amusait de poser la question.

Je l’interrogeais sur un des instruments de collection qu’il possédait, la guitare de Prince que j’avais reconnu du coin de l’œil. « Je n’ose imaginer. » C’est que je crois que si je finissais par faire comme lui et utiliser un instrument de collection, j’aurais quelques réticences au début. Un peu comme la première fois que j’avais eu un stradivarius rare entre les mains. « Vous chantez aussi ? » Peut-être qu’il ne se contentait pas des mélodies.
« Je joue plutôt du violoncelle en fait… Et du violon… Je touche un peu à la guitare évidemment, mais je ne suis pas aussi à l’aise. » Je connaissais parce que c’était plus simple de travailler sur un instrument qu’on était capable de faire sonner. Pas forcément avec beaucoup de technique, mais certaines bases étaient nécessaires.
A sa proposition, je mettais mon travail de précision en pause. Surprise. Touchée en même temps. « Vous êtes sérieux ? » C’est que c’était difficile de ne pas s’emballer devant une telle proposition. « Je ne vais pas vous dire non, merci, on aura qu’à dire que c’est ça le tarif de nuit : option guitare de Prince. » Et je souriais amusée avant de nouer la dernière corde. Cette fois c’est aux amorces que je m’attaquais. Le travail avançant bien.
« J’ai le droit de connaître le titre d’au moins une de vos créations ? » Curiosité piquée au fond. « Je promets de garder le secret. » Je respectais le fait qu’on ait pas envie de s’exposer. Après tout, j’avais rencontré récemment Neela S., la copine de Gus, et bien qu’auteure compositeurs de renom, personne ne la connaissait et elle n’avait jamais eu envie de se mettre elle-même en lumière. Je crois que si j’avais un quelconque talent de ce genre, je fuirais aussi la célébrité. Trop dangereux avec ma personnalité.

Je terminais de poser les amorces en quelques minutes, remettant les cordes en place. Restait à vérifier les notes, pour accorder l’ensemble. Je m’étais installée devant le clavier et avait appuyer sur les premières touches. Grimace. Et pendant quelques minutes, j’avais multiplié les retouches, comme ça, à l’oreille, sans même avoir besoin d’entendre une référence avant avec un quelconque diapason. C’était mon super pouvoir à moi et j’avais appris à l’utiliser. J’en profitais pour vérifier l’ensemble des touches, et ce n’est qu’une fois parfaitement satisfaite du son et de la justesse que je m’étais relevée une dernière fois de devant le clavier. « Piano réparé et parfaitement accordé. »
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